samedi 12 juillet

You go to Juan les Pins!

Juan-les-Pins, la plage, ma guitare, Cosette, le soir qui tombe. Un groupe d'espagnols, de beaux espagnols, beaux et bruyants, de cette langue qui roule coule et chante même. Des bouteilles pleins les mains, il suffit de jouer un peu plus fort pour qu'ils viennent nous rejoindre. Présentations : d'abord Miguel, puis Luis, Santi, Luis encore, Jaime, Javier... D'autres noms, je ne me souviens plus. De dondé estais? De Madrid, y algunos de Sevilla. Vosotros? De Dijon. Aaaah, la moutarrrde!

C'est Santi qui prend la guitare, il joue du flamenco, je le remarque à peine, il chante - non, ils chantent, tous en coeur, ils font du bruit, beaucoup, c'est joli, je les regarde - ils sont beaux. Claire part avec Miguel, Cathy avec Luis, je reste avec Julien, et puis les espagnols s'en vont aussi vite qu'ils sont arrivés. Dondé vais? Vamos al "Village", 20€ para entrar. Nous n'allons pas avec eux. Ils sont partis, nous sommes seuls, Julien rit, dépité, un peu. On attends un peu avant de rentrer, que Claire et Cathy quittent leurs espagnols respectifs et reviennent. Ce fut une jolie heure en leur compagnie, bercée par les langues qui se mélangent, qui s'entremêlent - français, espagnol, anglais.

Gonzalo arrive. Seul. Como te llamas? Gonzalo. J'ai compris Juan-Falo. J'ai trop bu, je me moque. Eres homosexual, Juan-Falo? Huum, you will discover, you will discover - il est pédé. Mi amigo Julian es homosexual tambien. Quien kiss you first? Me or Julian? Il ne veut pas répondre. Je l'embrasse, Julien l'embrasse. Tous à la mer. Je mets mon maillot, l'alcool monte, je ris, je cours à l'eau, moi si frileuse d'habitude, je cours, je cours, je cours. Julien et Juan-Falo ont froid. Quelles fiottes.

Cathy arrive avec Luis. Je fais une gaffe, parle d'homosexualité, Juan-Falo est gêné, Luis l'embête, je l'embrasse pour tenter de tout réparer mais j'ai un peu honte. Nous retrouvons Claire - et Miguel. Juan-Falo nous raccompagne. Nos vamos mañana, en la playa tambien.
Claire et Cathy ont baisé. Je suis un peu triste, j'aurais bien voulu les bras chauds d'un espagnol.

Estamos mañana. La journée passe vite. Julien a reçu un texto "Julian. C'est Gonzalo. Pardon pour mon attitude de cette nuit. Mes amis ne comprennent pas ma situation. Si tu voulais, on pourrait nous voir, demain. A bientôt. Gonzalo". On rit quand Julien le dit avec l'accent. On rit d'avoir compris "Juan-Falo". Le soir arrive.

Sur la plage les espagnols ne nous disent presque pas Bonsoir, pas un buenas noches, rien. On sort la guitare, on joue fort. Toujours rien. On prend des photos, avec le flash, on crie. Pathétisme de filles en parade désespérée. Ils finissent par comprendre, ou je ne sais pas. Julien était fatigué, il est parti. Claire retrouve vite Miguel. Luis a fui, cathy est seule. On joue quelques chansons, il y a du vent et beaucoup trop d'alcool. J'essaie d'attirer l'attention de Rafael, number one. Je déchante vite, Miguel me dit que tiene una novia y es fiel. Tant pis, qué lastima.

Je ne sais plus vraiment comment j'en suis arrivé à Santi. Il était trop grand, un peu banal, un peu gauche dans ses habits. Si, j'ai du crier ma date de naissance - l'alcool... - et il s'est retourné. Veinticuatro de noviembre? Qué año? mil novecientos noventa. Exactamente como yo. No te creo. Show you ID. Amazing! We were born the same day! Il a un joli sourire et Santi, ça veut dire Santiago. Il vient de Séville. Je ne sais même plus si nous avons discuté.
Nous décidons de raccompagner Cathy, de poser la guitare, d'aller au "Village" avec eux, 20€ l'entrée, tant pis, pour une fois. Santi vient, je crois que c'est Miguel qui lui a dit. Il m'explique qu'il a una novia, Maria, qu'il est fidèle. Dans le même temps, il passe son bras autour de mon cou. Il est grand, très grand, un peu gauche dans son grand corps, mais il est doux, il sent bon, il a une jolie voix et un joli sourire, et il joue du flamenco.

Nous arrivons. Tout va très vite, je suis complètement, mais complètement bourrée (ce mot est laid). Je l'amène sur mon lit, sans réfléchir une seconde, il m'allonge, on s'embrasse, il commence à me déshabiller. Et là Claire arrive, avec Miguel. Le lit d'à côté. Je suis trop pleine pour réagir. Je ne les entends pas. Le corps de Santi, le grand corps de Santi, son odeur. Il refuse presque de m'embrasser. Nous voilà nus, il est assis, je prends son sexe, je le caresse, je l'embrasse. Il répète un mot, comme "guirron", je ne sais plus, un mot en "on", à deux syllabes. Je comprends préservatif. J'en sors un, j'espère qu'il n'a pas vu le "GAY ECO" écrit dessus - forcément, à force de traîner dans les boîtes gays de Dijon... Il y a un problème avec, je ne comprends pas, il en demande un autre, je demande à Claire, elle sort de la bouche de Miguel pour m'en donner un. Je ne suis même pas en état de comprendre que deux autres personnes sont en train de baiser juste à côté. Santi le met. Il se masturbe un peu. Je ne sais pas comment dire après : il me prend, il entre en moi, il me pénètre. Peut importe, personne ne lit ici. Je n'ai même pas mal, c'est agréable. Il ne veut pas m'embrasser. Il prend mon cou avec ses lèvres, y laisse une trace. Je ne sais pas s'il jouit. Pas moi en tout cas. Il s'allonge sur moi, me caresse, me dit qu'il a déjà baisé une fille il y a une heure, sur la plage. Je suis tellement bourrée, je demande Estoy mejor? Il répond oui. Jamais je n'aurais osé poser cette question. Il se lève brusquement, demande la salle de bain. Je l'accompagne, nue. Puis je me rhabille. Je vais dans le salon. Miguel fume du shit, Claire le regarde, Julien et Cathy sont là mais je ne sais plus ce qu'ils font, je m'assois contre Santi qui joue de la guitare. Je le prends en photo. Je veux essayer ses chaussures. Je tombe. Ils se moquent - lui et Miguel. J'entends "caer". Je confonds d'abord avec callar, je demande "you want me to shut up". Il dit non. Il répète. Je me souviens avoir dit "ah oui. caer". Je m'effondre, je me relève. Il doivent partir. Je cours dans le lit. Claire les raccompagne pour les faire sortir de la résidence. Je dors. Je me relève. Je vais dans les toilettes pour vomir. Je ne vomis pas. Je m'y endors.

Le lendemain. Julien ne m'adresse pas la parole. Personne ne me parle de Santi. J'apprendrais le soir que Julien a été choqué. Tout d'abord, parce que j'ai couché avec Santi à côté de Claire qui baisait aussi. Je lui dis que je ne m'en rendais pas compte. Il s'en fout. Ensuite, parce que, paraît-il, je me suis balladée nue dans l'appartement. Je ne me souviens pas. J'ai un peu honte. Enfin, parce que la fenêtre était ouverte, et que du balcon, ils m'ont entendu crier. Fort, paraît-il. J'ai honte. Mais je ne regrette pas.

C'était la première fois - avec un garçon. Je n'ai pas eu mal, je n'ai pas jouit, mais j'ai encore l'odeur, sa voix, son goût, son sourire et ça photo. Je trouve ça joli une première fois avec un espagnol qui joue du flamenco.
Mais c'était à côté de Claire, elle a tout regardé, elle m'a même dit qu'elle ne le trouvait pas bien monté. Cette fille est immonde. Je regrette d'avoir trop bu.

Mais Santi, joueur de flamenco, au grand corps gauche et au joli sourire, né le même jour que mois, ça me plaît. Beaucoup. Tant pis pour le reste, tant pis s'il ne souriait pas sur la photo.

Julien a appelé F. Pour lui dire. Il n'a pas osé tout dire. Jusque que j'étais avec un espagnol. Je le hais, il n'avait pas à lui dire. C'était à moi de lui dire. C'était important pour moi d'oser lui dire, une sorte d'acte d'indépendance. Pas de l'avoir fait ; de lui dire. Il m'a volé cette occasion. Je lui en veux. Je lui ai dit, il s'en fout. Parfaitement. Je ne comprends pas qu'il ait pu sans le moindre scrupule se mettre au milieu de quelque chose qui ne concerne que F. et moi, et encore, parce que je l'ai choisi. C'est très laid de sa part.

Le lendemain, les espagnols étaient partis à Milan (puis en Grèce, puis en Espagne à nouveau). Ce furent des Lillois. Cette fois, il n'y avait que moi. Il s'appellait Adam, il aimait bien comme je chante, beaucoup même je crois, il était beau dans le noir, moins le matin quand le soleil s'est levé sur la plage. J'avais bu aussi mais je me souviens mieux. C'était sa première fois. Moi la deuxième.

Personne ne lira ceci et tant mieux, c'est mal écrit et désordonné mais c'est pour me souvenir, pour remettre de l'ordre, pour comprendre pourquoi j'ai le sentiment que la dernière fois de ma vie que rien ne serait plus pareil avec Julien. Tant pis.

Posté par nancy my dear à 23:11:00 - Commentaires [0] - Permalien [#]


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